Au pays basque le poisson sauve sa peau

Transformer la peau des poissons en cuir, en voilà une drôle d’idée. Les basques ne sont pas les premiers à y avoir pensé, mais parions que les espadrilles en peau de truite vont faire un tabac cet été !

Connaissez-vous Monsieur Galluchat ?

En France, au XVIIIème siècle, Jean-Claude Galluchat maître gainier-maroquinier parisien, fut le premier à travailler la peau de raie, donnant son nom ( Galuchat, avec un seul l) à ce cuir particulier.

Mais c’est au Japon, dès le VIIIème siècle que l’on a pu trouver des objets gainés de peau de poisson : des plastrons, des poignées de sabres et des petites boites à pilules.

Le sieur Galluchat fut le premier en France à travailler la peau de raie ou de roussette (petit requin). La petite roussette (il y a aussi la grande) rétrécit beaucoup au séchage, d’où son surnom de « peau de chagrin ».
Utilisé depuis longtemps en ébénisterie, le galuchat est un cuir précieux et très résistant (20 fois plus qu’un cuir de vachette). Recouvert de perles de silice, il est difficile à tanner. Le prix du mètre de galuchat démarre à partir de 100€.

Du côté de Banca

A Banca, dans la vallée des Aldudes, cela fait plus de trente ans que la famille Goicoechea a développé un élevage de truites. La pisciculture produit 8 à 10.000 truites par an. Ces magnifiques poissons ont fait les délices des tables les plus réputées.

Jusqu’à ce que la famille Goicoechea, dans un souci d’optimisation de l’élevage, confie le travail des peaux à un tanneur breton spécialisé dans les peaux de serpents et de certains poissons.

Depuis cinq ans, grâce à un couple de maroquiniers ayant fait leurs classes chez les plus grands, les peaux des truites sont transformées en sacs, ceintures, pochettes, portefeuilles, bracelets… Cette matière originale a séduit des plus grandes maisons comme Hermès ou encore Louis Vuitton mais la famille Goicoechea a préféré lancer sa propre marque.

Les modèles de leur collection sont uniques car chaque peau a ses spécificités : des petites tâches sombres en enfilade qui, en réalité, sont des sonars avec lesquels les poissons s’orientent dans l’eau.

Bientôt des espadrilles en peau de truite

A Mauléon-Licharre, l’entreprise Don Quichosse tresse les cordes des semelles depuis quatre générations. Puis les artisans compressent, assemblent et, enfin, cousent à la main la toile.
En 2016 Jean-Jacques Houyou, fondateur de la marque Don Quichosse, lançait une collection éphémère d’espadrilles en cuir, réalisées à partir de la peau de truite de Banka.

Le dessus de l’espadrille était entièrement fait en peau de truite. De la peau de chèvre « pleine fleur », constituait la doublure, et le tout était cousu à la main à Mauléon, avec une bride réalisée sans raccord, contrairement à l’espadrille traditionnelle. Très novatrice, cette création a permis d’envisager pour le futur de nouvelles collections du même type.

(A consulter : truitedebanka.com / maroquinerie-banka.com / donquichosse.com)

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