La gale : une maladie très contagieuse qui fait son retour dans le Sud Ouest

La gale est loin d’être une maladie du passé. Ces dernières semaines, plusieurs cas ont été signalés chez des aides à domicile du Centre intercommunal d’action sociale du Seignanx, dans les Landes. Selon le journal Sud-Ouest, les agents concernés auraient été contaminés au contact d’une bénéficiaire du service. Cet épisode rappelle que cette affection cutanée reste bien présente en France et qu’elle peut toucher tout le monde.

démangeaisons des boutons de gale

Une maladie ancienne mais toujours d’actualité

Connue depuis l’Antiquité, la gale est provoquée par un parasite microscopique appelé Sarcoptes scabiei. Cet acarien creuse de minuscules galeries sous la peau où il pond ses œufs. La présence du parasite provoque une réaction du système immunitaire à l’origine des symptômes.

Contrairement à une idée largement répandue, la gale n’est pas liée à un manque d’hygiène. Une personne très propre peut parfaitement l’attraper. La maladie se transmet essentiellement lors de contacts prolongés peau contre peau avec une personne infestée. Elle peut également être transmise par les draps, vêtements ou linges récemment utilisés par une personne contaminée.

Les collectivités sont particulièrement exposées : écoles, crèches, maisons de retraite, établissements médico-sociaux ou encore services d’aide à domicile.

Comment attrape-t-on la gale ?

La contamination se fait principalement par contact direct peau contre peau avec une personne infestée. Une poignée de main rapide est généralement insuffisante, mais un contact prolongé favorise la transmission notamment lorsqu’il y a chaleur et humidité. Les épisodes estivaux, les vacances en collectivité, les EHPAD ou les services d’aide à domicile peuvent donc créer des conditions favorables à sa diffusion.

Plus rarement, la gale peut se transmettre par l’intermédiaire du linge, des draps, des couvertures ou des vêtements récemment utilisés par une personne atteinte. Le parasite survit toutefois peu de temps en dehors du corps humain, généralement entre deux et trois jours.

Comme les premiers symptômes apparaissent souvent plusieurs semaines après la contamination, une personne peut transmettre la maladie sans savoir qu’elle est infectée.

Quels sont les symptômes ?

Le principal signe d’alerte est une démangeaison intense, souvent plus forte le soir et pendant la nuit. Ces démangeaisons apparaissent généralement entre deux et six semaines après la contamination, ce qui explique que de nombreuses personnes transmettent la maladie sans le savoir.

Les lésions se localisent fréquemment :

-entre les doigts.

-sur les poignets.

-aux coudes.

-sous les aisselles.

-autour du nombril.

-sur les fesses.

-au niveau des organes génitaux.

On peut également observer de petits sillons, des boutons rouges ou des vésicules. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, le visage, les mains et les pieds peuvent être touchés.

Quels traitements pour la gale ?

La gale se soigne efficacement grâce à des médicaments antiparasitaires prescrits par un médecin. Le traitement peut être appliqué directement sur la peau ou pris par voie orale selon les situations. Dans certains cas, une seconde prise est nécessaire quelques jours plus tard.

La réussite du traitement repose aussi sur des mesures d’hygiène indispensables :

-traiter simultanément les proches ayant eu des contacts étroits ;

-laver à 60 °C le linge, les draps et les serviettes ;

-isoler certains textiles non lavables pendant plusieurs jours ;

-nettoyer l’environnement proche lorsque cela est recommandé.

Peut-il y avoir des séquelles ?

La gale est généralement une maladie bénigne qui guérit sans laisser de séquelles lorsque le traitement est correctement suivi.

Cependant, certaines complications peuvent survenir. Les démangeaisons persistantes entraînent parfois un grattage intense qui favorise les infections bactériennes de la peau. Chez les personnes fragiles, âgées ou immunodéprimées, des formes plus sévères peuvent apparaître, notamment la gale profuse ou hyperkératosique, particulièrement contagieuse.

Il faut également savoir que les démangeaisons peuvent persister plusieurs semaines après l’élimination du parasite.

Cela ne signifie pas forcément que le traitement a échoué : la peau continue parfois à réagir même lorsque la gale est guérie. Un avis médical permet alors de faire la différence entre une irritation résiduelle et une ré-infestation.

Si elle demeure bénigne dans la majorité des cas, la gale nécessite donc un diagnostic rapide et une prise en charge rigoureuse afin d’éviter sa propagation, notamment dans les collectivités où elle peut rapidement provoquer de véritables foyers épidémiques.

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